Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?
Les Égyptiens sont toujours heureux d’entendre des compliments sur la beauté de leur pays. Pour faire bonne impression au premier contact avec un Égyptien (que ce soit dans le cadre d’une réunion d’affaires ou d’une activité sociale), il est toujours bon de commencer par parler de l’Égypte et de ce qui vous a impressionné le plus. Choisissez un sujet que vous maîtrisez assez bien, (un musée, les pyramides, les plages, les gens, etc.), puis amorcez la discussion en faisant des compliments et en montrant que vous connaissez bien le sujet. Parler de la famille est aussi très utile; vous pouvez expliquer combien votre famille aime le climat, les gens et ainsi de suite. Il est conseillé de ne pas aborder le domaine politique à la première rencontre; les gens voudront d’abord vous connaître bien avant de vous faire part de leurs points de vue et de leurs orientations politiques. Cela est aussi vrai pour la religion; 90 p. 100 de la population est de foi musulmane et 10 p. 100, de religion chrétienne. Les adeptes des deux groupes sont très susceptibles en matière religieuse et mieux vaut de ne pas les offenser. Les Égyptiens apprécient l’humour et ne soyez pas étonné, si votre interlocuteur dit une ou deux plaisanteries, même à la première rencontre; prenez-les gracieusement et montrez que vous les appréciez.
La famille (plus particulièrement les enfants) est extrêmement importante aux yeux des Égyptiens et constitue, par conséquent, un très bon sujet de conversation. Le lieu d’origine et le travail sont aussi de bons sujets à aborder au début d’une relation, comme le sont les questions sur les lieux à visiter, la musique, et la télévision.
À moins que vous ne connaissiez bien votre interlocuteur égyptien, il est préférable d’éviter la politique et la religion, bien qu’entre eux, les Égyptiens soient très sensibilisés à la politique et aiment en discuter. Les Égyptiens se méfient souvent de leur propre gouvernement. Des questions sur ce sujet au tout début d’une relation pourraient créer des soupçons. Les gens sont naturellement portés à critiquer le gouvernement, mais ils n’acceptent pas qu’un expatrié le fasse. En ce qui concerne la religion, j’ai été abordée dans la rue par des inconnus qui m’ont demandé quelle était la mienne; il s’agissait d’Égyptiens chrétiens qui voulaient prendre contact avec des chrétiens étrangers. Normalement, il est préférable d’attendre qu’une solide relation se soit établie avant de s’aventurer dans ces sujets de discussion, à moins que votre interlocuteur égyptien n’en prenne l’initiative. Si votre interlocuteur s’affiche clairement comme musulman, il serait acceptable de démontrer de l’intérêt à l’égard de l’Islam. Vous pourriez par exemple poser des questions sur les divers festivals (Milad al-Nabi–naissance du prophète), etc.
Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?
Votre comportement doit être différent selon que vous rencontrez un homme ou une femme. En ce qui a trait aux hommes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter si votre interlocuteur se tient très près de vous; de fait, cela est tout à fait normal et acceptable chez les Égyptiens qui montrent ainsi leur amabilité envers vous. Ils échangent des poignées de main très fréquemment au cours d’une discussion, notamment après que l’un des interlocuteurs ait fait une observation agréable ou dit une bonne plaisanterie comme marque d’amitié et de solidarité. Le contact visuel est aussi acceptable (à condition que le regard ne soit pas menaçant), mais dans une dispute, regarder quelqu’un dans les yeux peut être pris pour de la provocation et causer des ennuis. Il en va autrement pour les femmes; gardez une distance respectable et tenez le contact visuel au minimum. L’Égypte est un pays conservateur et se tenir trop près d’une femme pourrait être mal interprété. Évitez de regarder votre interlocutrice dans les yeux plus d’une fois, parce que cela aussi pourrait être mal interprété. Si vous rencontrez une femme voilée, ne lui tendez pas la main, à moins qu’elle ne le fasse d’abord (les gens qui suivent les règles strictes de l’Islam ne permettent pas que deux personnes de sexe différent se serrent la main).
Les Égyptiens sont en général moins préoccupés par la distance personnelle que ne le sont les Nord-Américains et ils ont tendance à s’approcher davantage de leurs interlocuteurs au cours d’une conversation. Le fait qu’ils se touchent fréquemment durant une discussion n’est pas considéré comme une violation de l’espace personnel. Toutefois, il y a d’importantes exceptions à la règle générale, selon le sexe et la classe sociale. La distance acceptable peut varier selon que les deux personnes soient du même sexe ou de sexe différent. Une femme ne doit pas se tenir à une distance aussi rapprochée ou toucher son interlocuteur, s’il s’agit d’un homme. De la même façon, un domestique ne doit pas parler à son employeur en se tenant trop près de lui. Le contact visuel direct est normal dans une conversation.
Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?
Cela dépend. Les manifestations de joie ou de gratitude sont parfaitement acceptables, et même appréciées. Toutefois, les démonstrations d’affection en public entre personnes de sexe différent ne sont pas permises. Laisser libre cours à sa colère est vivement découragé, surtout si vous êtes un expatrié; les Égyptiens pourraient y voir une grave insulte et durcir alors leur position, qu’ils aient tort ou non. Vous obtiendrez de meilleurs résultats en exprimant poliment votre déception. Les Égyptiens sont très émotifs; en cas de décès d’un proche bien-aimé, ils pleurent et crient leur chagrin. Au cours de funérailles, les femmes pleurent et hurlent, même si elles ne connaissaient pas le défunt, pour montrer à sa famille qu’elles ressentent leur douleur. Lors des célébrations de mariage, de fiançailles, pour la naissance d’un enfant et d’autres événements du genre, la manifestation en public de sentiments de joie est très bien accueillie.
Les démonstrations d’affection, de colère et autres en public sont fréquentes et normales chez les Égyptiens. Les hommes qui sont liés d’amitié se tiennent souvent par la main lorsqu’ils marchent ensemble, comme le font les femmes et ils peuvent aussi s’embrasser sur la joue, sans aucun rapport avec l’homosexualité. Les manifestations de colère en public sont très fréquentes et mènent souvent à la violence physique et a des disputes dans les rues (dawsha, qui se traduit par bruit en arabe). Les passants interviennent inévitablement pour mettre fin à l’altercation et pour essayer de résoudre le problème.
Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?
Un habillement conservateur est généralement la norme dans les banques, les co-entreprises, les ministères, les ambassades et autres milieux de travail officiels. Toutefois, vous ne devrez pas vous étonner de voir des employés vêtus de façon plus décontractée dans certains services gouvernementaux; la raison en est qu’ils sont mal rémunérés et que leur salaire ne leur permet pas de dépenser beaucoup pour s’habiller. Par contre, les Égyptiens s’attendent à ce que les expatriés portent des tenues habillées. Appelez toujours vos collègues par leur prénom et au cours de réunions officielles, adressez-vous aux supérieurs et aux représentants officiels d’autres organismes en les appelant Monsieur ou Madame.
Pour ce qui est de la ponctualité, les gens ont une notion très élastique du temps et la circulation routière ne facilite pas les choses; cela fait qu’ils sont en retard aux rendez-vous, comme il vous arrivera aussi de le faire à l’occasion. Je vous conseillerais vivement alors de ne pas prendre plus d’un rendez-vous par jour, bien qu’il y ait des exceptions et que certaines personnes s’efforceront d’arriver à l’heure. La productivité et le taux d’absentéisme varient d’un milieu de travail à l’autre. Dans les co-entreprises, les banques et les sociétés du secteur privé, les employés sont très productifs et travaillent très fort. Dans le secteur public et les administrations gouvernementales, la productivité est beaucoup plus basse et l’absentéisme, beaucoup plus élevé. Durant le mois du Ramadan, la productivité est très basse dans tous les secteurs.
Les Égyptiens s’habillent bien lorsqu’ils sont en public. À moins que vous ne deviez rencontrer des collègues dans un contexte formel (réunions, conférences) etc., et selon le milieu de travail, l’habillement est habituellement très décontracté. Les hommes portent un pantalon sport (pas de jeans) et une chemise et les femmes une robe ou jupe. Les Occidentaux doivent toujours se montrer conservateurs et propres dans leur habillement en public. Le port de vêtements dépenaillés n’est pas acceptable.
Il est important de saluer tous et chacun des collègues présents. Les salutations entre Égyptiens se font selon un rituel élaboré dans lequel chacun demande à l’autre comment il va, comment va sa santé, comment va la santé de leur famille et invoque souvent la faveur de Dieu, etc. Les étrangers ne sont pas tenus de suivre exactement ce rituel, mais ils doivent saluer leurs collègues égyptiens et les employés de rang inférieur, montrer du respect et un intérêt sincère, en adoptant une habitude locale – poser des questions sur la santé et la famille – pour créer de bonnes relations de travail et une bonne atmosphère.
Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?
Pour ce qui est des gestionnaires locaux, l’âge et l’expérience sont très importants, surtout en milieu gouvernemental et dans les entreprises publiques. Les personnes les plus âgées, indépendamment de leurs compétences, occupent la plupart des postes de supervision ou de direction parce qu’on donne beaucoup de poids à l’ancienneté. Les choses sont un peu différentes dans le secteur privé, où la scolarité, suivi de la capacité de travailler fort et des compétences en leadership pèsent très lourd dans la balance. Habituellement, les Égyptiens respectent beaucoup les expatriés, mais ils doivent le mériter. Si vous connaissez bien votre travail, montrez que vous êtes crédible et faites preuve de leadership, vous serez très bien coté et pourrez même donner le ton. Toutefois, s’ils découvrent qu’ils ont plus de connaissances que vous, vous perdrez votre crédibilité. Presque tous les Égyptiens possèdent des diplômes universitaires et plusieurs sont aujourd’hui titulaires d’une maîtrise. Par conséquent, en vous montrant ouvert et prêt à écouter et à comprendre, vous établirez de bonnes relations et vous mettrez toutes les chances de votre côté pour administrer et diriger avec succès vos employés égyptiens.
Le niveau d’études est peut-être la qualité la plus recherchée chez un supérieur ou un gestionnaire. Les gens instruits inspirent même un respect mêlé de crainte, malgré leurs lacunes personnelles ou mineures. Le leadership et le travail ardu sont aussi admirés. Mais les gens qui sont réellement respectés et aimés au-delà de toute expression formelle de déférence sont ceux qui sont accessibles. La politesse, le respect, la sincérité et une ouverture sont, en bout de ligne, des facteurs qui permettent aux gestionnaires de créer une relation durable et sincère et d’inciter leurs employés à travailler.
Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?
La plupart du temps, les décisions sont prises par la personne de plus haut rang. En général, cette personne est ouverte aux idées et aux commentaires des employés, mais elle a le dernier mot quant au choix des décisions qu’elle jugera les plus pertinentes. Si les employés peuvent concevoir des idées, leurs supérieurs ont toujours le pouvoir d’adopter ou de rejeter ces idées. Il est très acceptable de consulter son superviseur pour obtenir des réponses ou de la rétroaction, à condition de se montrer respectueux et reconnaissant; le presser à répondre ne mènerait qu’à l’échec.
Selon mon expérience, les décisions sont prises par la personne responsable du bureau ou le directeur; elles ne sont habituellement pas prises par des employés de rang inférieur. Le « pouvoir » tend à être assumé par l’administrateur en charge et il y a peu de discussions entre les collègues qui contribuent à la prise de décision. À l’occasion, même la personne en charge d’un bureau n’aura pas l’autorité de prendre une décision et devra s’en remettre à un supérieur.
Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.
La plupart des Égyptiens ne montrent pas de parti pris en milieu de travail envers les hommes ou les femmes, quels que soient leur religion ou leur groupe ethnique. Toutefois, certains pourraient trouver difficile de travailler sous les ordres d’une femme, surtout si elle a un comportement autoritaire. D’autres pourraient formuler des objections s’ils apprennent que leur supérieur est de religion juive (les médias et la tourmente politique dans la région ne facilitent pas les choses à ce sujet).
Le contexte est important pour déterminer les attitudes à l’égard des sexe, de la religion, de la classe et du groupe ethnique en milieu de travail. Les attentes diffèrent selon l’environnement, qu’il soit totalement égyptien ou dirigé par un expatrié. Les attitudes peuvent aussi changer selon le niveau d’instruction, la classe sociale et la religion des personnes concernées.
Égalité des sexes :
Les Égyptiennes et les expatriées, qui atteignent des niveaux élevés de scolarité et d’accomplissement, sont traitées avec respect. Toutefois, d’après mon expérience, le respect qu’on leur témoigne peut varier selon leur habillement et leur comportement. Celles qui observent le code vestimentaire local (pour une étrangère cela signifie un habillement de style occidental conservateur, par exemple : jupe longue, blouse à manches longues, le moins révélatrices possible) sont généralement respectées. Les expatriées ne sont pas tenues de porter le voile (hijab). J’ajouterais qu’être une femme peut être un avantage simplement parce qu’elle suscite une curiosité sincère et le respect pour ce qu’elle a accompli, surtout si elle est une expatriée. Je ne peux pas parler avec certitude en ce qui a trait aux hommes, mais dans leur cas aussi le respect du code vestimentaire local (occidental et conservateur), la politesse et le respect du mode de vie des Égyptiens sont très importants.
Religion :
L’Égypte a toujours été une terre d’accueil pour de nombreuses religions. Même après l’avènement de l’Islam, elle compte encore à ce jour une importante minorité chrétienne. Il n’existe qu’une petite population juive, bien que ces dernières années on ait essayé de restaurer des synagogues locales, dont certaines sont importantes au plan historique. Les musulmans sont fiers de leur histoire islamique et demeurent ouverts aux autres religions. Pendant longtemps, après la conquête musulmane, les Égyptiens chrétiens ont travaillé au service des souverains musulmans et certains ont même atteint des échelons très élevés dans la hiérarchie gouvernementale.
À ma connaissance, ma religion n’a jamais été un facteur de détermination de mes aptitudes en milieu de travail. Il est moins facile de déterminer si la religion constitue un facteur de sélection parmi les Égyptiens eux-mêmes. D’après mon expérience, parmi les gens instruits, la religion ne joue pas un rôle très important en milieu de travail. Mais cela pourrait changer en fonction du contexte et des événements. Les Égyptiens de foi chrétienne sont parfois inquiets du traitement que peut leur réserver le gouvernement ou d’autres organismes. Il y a eu, dans le passé, des moments de frayeur lors de manifestations violentes d’Égyptiens musulmans contre les chrétiens (par exemple, les incendies à la bombe de certains magasins de Zamalek, il y a plusieurs années). Durant ces périodes, les attitudes en milieu de travail peuvent changer.
Classe sociale :
La classe a certainement une influence sur les attitudes en milieu de travail. Il existe un écart considérable entre ceux qui sont instruits et ceux qui ne le sont pas. Nombre d’Égyptiens sont analphabètes. On pourrait penser qu’il existe deux mondes différents. Ceux qui sont instruits sont très respectés par ceux qui ne le sont pas. J’ai constaté que les gens sans instruction essayaient souvent d’obtenir l’aide et même la protection de personnes instruites. Un certain nombre d’Égyptiens instruits se préoccupent de façon sincère de la cause des moins nantis, mais certains acceptent cette situation, à contre coeur peut-être, parce qu’ils ont le sentiment de ne rien pouvoir y changer. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’ils ne font pas d’efforts pour aider leurs concitoyens.
Groupe ethnique :
Malgré la préférence des Egyptiens pour la couleur de peau pâle, le groupe ethnique n’affecte pas les attitudes en milieu de travail, spécialement en ce qui concerne les Occidentaux. Être nord-américain ou européen peut même susciter le respect, et parfois la crainte mêlée de respect. Un étranger peut être invité ou même sommé de se placer en tête d’une file d’attente, au risque de susciter le ressentiment des autres, étant donné la conjoncture politique et économique.
À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?
Les relations d’affaires et les rapports personnels se mêlent souvent en Égypte. Je vous conseillerais fortement de commencer toujours par tenir une réunion d’affaires puis d’inviter vos interlocuteurs à déjeuner, à dîner ou à assister à une réception; plus vous aurez d’activités de ce genre avec eux, plus vos relations seront intimes et plus vous obtiendrez de bons résultats. Ces relations sociales sont importantes, d’autant plus que la mentalité moyenne-orientale est d’accorder plus de poids à la confiance qu’à toute autre chose; plus les gens vous connaîtront et vous feront confiance, plus ils se sentiront à l’aise pour traiter avec vous et, en bout de ligne, faire affaire avec vous.
Il est extrêmement important d’établir graduellement une relation personnelle avant d’entrer en affaires. En Égypte, la relation n’est pas seulement un aspect plaisant de la vie; elle est le moyen d’établir un rapport de confiance et d’assise sur laquelle une affaire se conduit. Le partenaire égyptien prendra souvent l’initiative et vous invitera à dîner dans un restaurant ou à prendre un café. L’expatrié pourra aussi rendre une telle invitation. Les conversations autour d’un thé ou d’un café peuvent être extrêmement importantes dans l’établissement de relations. De petits cadeaux offerts à l’occasion se révéleront efficaces, surtout dans les cas où votre interlocuteur a voyagé à l’étranger.
Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?
Cela dépend essentiellement des personnes avec lesquelles vous traitez; la plupart d’entre elles s’attendront à bénéficier de privilèges, mais sans rien exiger qui sorte de l’ordinaire. Elles voudront probablement pouvoir vous voir plus rapidement et plus facilement ou discuter avec vous de questions de travail de façon plus amicale et décontractée. Pour ce qui est de l’emploi, si vous avez un besoin de personnel et qu’un collègue ou employé vous recommande quelqu’un, vous pouvez accepter, mais je vous déconseillerais d’accorder d’autres privilèges.
Les relations personnelles ou les amitiés, bien que nécessaires et inévitables dans un contexte égyptien, peuvent très bien s’accompagner d’attentes de traitement de faveur, comme par exemple, le recrutement d’amis ou de membres de la famille d’un employé ou d’un collègue. On pourrait aussi vous demander une augmentation de salaire, si le contexte de travail le permet – selon qu’il s’agisse d’une entreprise étrangère ou locale, dont les politiques sont bien établies ou non.
J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?
N’embarrassez jamais un collègue en public car cela empoisonnerait à jamais vos rapports avec lui. S’il vous pose problème, vous pouvez certainement l’affronter, mais en privé. S’il a un grief à votre égard, il vous le fera savoir; les Égyptiens expriment facilement leurs émotions et leur comportement montrera qu’ils sont en colère contre vous. Dans ce cas, la meilleure chose à faire est d’avoir une rencontre en privé et d’adopter une approche cordiale; la plupart du temps, cette façon de procéder permettra de résoudre les différends.
D’après mon expérience, il est important pour un expatrié qui travaille en Égypte de nouer une relation personnelle avec quelqu’un dans le milieu de travail, à qui il pourra se confier et qui lui servira de parrain ou de conseiller sur divers aspects des relations de travail. S’il y a un problème, un Égyptien n’informera probablement pas un collègue ou un supérieur expatrié, et il est donc essentiel de pouvoir compter sur quelqu’un pour obtenir un conseil ou de la rétroaction sur une base régulière.
Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?
Tous les facteurs mentionnés ci-dessus inciteront les employés à fournir un bon rendement; la satisfaction au travail est très importante, plus particulièrement si l’employé jouit d’une certaine autonomie et que vous leur faites sentir que vous pouvez compter sur eux. La rémunération est aussi importante à cause de la situation économique de l’Égypte; vos collègues ont obtenu un emploi, probablement parce qu’ils possèdent des compétences spécifiques au poste qu’ils occupent, telles que la connaissance de langues étrangères ou une expérience internationale, et ils s’attendent à être rémunérés en conséquence. Pour ce qui est de la loyauté, les Égyptiens préfèrent s’engager à long terme, mais ils ne refuseront pas une meilleure offre ailleurs; ceci dit, ils demeureront loyaux, en général, tant que les conditions qui leurs sont offertes sont suffisamment payantes.
D’après mon expérience, l’engagement du personnel et des supérieurs est le facteur le plus important de motivation des collègues locaux. Cela les incite à bien travailler, même dans les situations où les salaires sont bas (cela est particulièrement vrai chez les enseignants). La rémunération est un autre facteur à considérer. Lorsque les collègues locaux sont moins bien payés que leurs collègues étrangers, comme je l’ai constaté fréquemment dans le passé, il y a là une cause réelle de ressentiment et de désengagement à l’égard des tâches à effectuer.
Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?
Voir réponse ci-dessous (2)
Livres : Naguib Mahfouz – Il existe aujourd’hui d’excellentes traductions des oeuvres de Naguib Mahfouz (prix Nobel de littérature). Parmi ses romans les mieux connus et les plus récemment imprimés, je recommanderais Midaq Alley, qui fait le portrait vivant de divers personnages égyptiens typiques qui habitent la même rue.
Yusuf Idris – Auteur bien connu pour ses histoires courtes.
Jaromir Malek, Éditeur général. Egypt : Ancient Culture, Modern Land. « Cradles of Civilization »., Norman, Oklahoma, Presses de l’Université de l’Oklahoma. Excellent ouvrage, bien illustré qui contient une brève introduction à l’Égypte sur toutes ses périodes historiques.
M. W. Daly, Éditeur général. The Cambridge History of Egypt, 2 volumes, Presses de l’Université de Cambridge, 1998. Le volume I traite de l’Égypte islamique de 640 à 1517 AD. Le volume II porte sur l’Égypte de 1517 à la fin du XXe siècle. L’ouvrage s’adresse à ceux qui désirent avoir une meilleure idée de l’histoire et de la culture post-pharaoniques, post-byzantines, durant la période islamique.
M. Rodenbeck. Cairo: The City Victorious. Londres : Picador, 1998. Excellent ouvrage, histoire bien écrite des temps préhistoriques présentée par un auteur qui a grandi au Caire, dans une famille très attachée au patrimoine du Caire et qui connaît aussi toutes les sources historiques.
Danielson, Virginia. The Voice: Egypt, Umm Kulthum, Arabic Song, and Egyptian Society in the Twentieth Century. Chicago et Londres : Presses de l’Université de Chicago, 1997.
Musique/Musiciens : Umm Kulthum. L’une des plus grandes chanteuses égyptiennes. Incontournable. Voir l’ouvrage de Danielson mentionné ci-dessus.
Film : L’Égypte a une industrie cinématographique florissante. Les films valent la peine d’être vus parce qu’ils permettent de comprendre les enjeux actuels qui préoccupent les Égyptiens même si on ne comprend pas l’arabe. Il y a aussi quelques bons films historiques.
TV : Les feuilletons égyptiens sont un excellent moyen d’apprendre l’arabe et de se faire une idée de la vie dans le pays.
Spécialités culinaires : Kushri (un plat local de pâtes, de riz, de lentilles, accompagnés d’une sauce épicée délicieuse); Fata’ir (une version locale de la crêpe française avec toutes sortes de délicieuses garnitures – raisins secs, miel, sucre en poudre, etc.); Kofta et kebab – un moyen de préparer de la viande que connaissent tous les Occidentaux; Shawarma – viande, poulet rôti à la broche et finement découpé en tranche, soupe de lentilles; Gibna bayda (fromage blanc) et gibna rumi (fromage jaune ou grec).
Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?
Les Égyptiens sont très hospitaliers, surtout envers les étrangers. Je vous recommande vivement de vous promener dans les rues, de vous entretenir avec les gens, de manger avec eux, de nouer des contacts et d’avoir des activités sociales avec eux; c’est là le meilleur moyen de se familiariser avec la culture égyptienne. Il y a aussi de nombreux musées à visiter : le Musée égyptien; le Musée copte et le Musée de l’Islam. Une visite de ces trois musées vous permettra d’acquérir une bonne connaissance de l’histoire de l’Égypte qui, en l’approfondissant, vous permettra de comprendre la culture. Je recommande aussi de visiter la campagne pour vous faire une autre idée du pays à l’extérieur des villes.
J’ajouterais que parmi les sports pratiqués en Égypte, le football occupe une place très importante et parfois même la plus importante, après la religion! Si vous voulez vous montrer amical envers quelqu’un, il vous suffira d’entamer une discussion sur le football je vous conseillerais d’ailleurs d’assister à des matchs, surtout entre les deux clubs les plus populaires « Ahli » et « Zamalek ». Ces rencontres sont de véritables événements nationaux et vous y ferez une excellente expérience culturelle si vous y assistez. Vous pourriez, en outre, visiter la vieille ville « Khan Le Khalil », vous attabler à un café local et voir à l’oeuvre la culture et le peuple égyptien.
Première étape : Prenez un cours d’arabe parlé.
Il faudrait tout un livre pour énumérer les lieux à visiter en Égypte. Les pyramides ont tendance à éclipser les autres sites de grand intérêt, et ce sont ces derniers que je mentionnerai ici.
Concerts : Je citerais les concerts populaires (surveillez les annonces locales) et les concerts de musique classique en arabe égyptien au Sa’id Darwish Hall, entre le Caire et les pyramides (si les concerts se donnent encore là).
Quotidiens : Je recommande le quotidien de langue anglaise Egyptian Gazette et le journal en langue arabe Al-Ahram, qui est peut-être le meilleur. Lisez aussi al-Iqtisad (l’Économiste). Il y a plusieurs autres quotidiens locaux de diverses orientations politiques.
Cafés : On trouve de nombreux cafés au Caire. Groppi’s et le Café Riche au centre-ville, ils sont très connus et accessibles aux étrangers. Il y a aussi un nombre considérable de vieux et vénérables cafés dans le quartier Khan al-Khalili.
Durant le festival Milad al-Nabi (naissance du Prophète), il y a toutes sortes d’activités (concerts, cirques, etc.) dans la ville islamique.
Obtenez le programme des divers instituts culturels du Caire (américains, italiens, français, hollandais, polonais, etc.), qui offrent des conférences ouvertes au public. En assistant à ces conférences et en vous mêlant aux Égyptiens et aux expatriés qui connaissent l’Égypte, vous pourrez établir d’excellents contacts.
Qui sont les héros nationaux de ce pays?
Cela dépend des gens à qui vous parlez. Pour un grand nombre d’entre eux, le héros national serait Gamal Abdel Nasser qui a été président de 1953 à 1970 et qui est le seul dirigeant du monde arabe à avoir réussi à aligner tous les pays arabes. Il a incité et mené le mouvement révolutionnaire contre le roi Farouk en 1952 et proclamé la république en 1953. D’autres leaders du 19ème siècle sont aussi considérés comme des héros, notamment Saad Zaghloul, Mustafa Kamel, Ahmed Orabi et Kassem Amin.
Umm Kulthum : chanteuse; Gamal Abdel Nasser (un héros pour certains); Naguib Mahfouz (écrivain; prix Nobel de littérature).
Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?
De fait le Canada est très bien placé pour avoir de bonnes relations avec l’Égypte, parce qu’il est l’un des rares pays à ne pas avoir de passé colonial. Le Canada est aussi connu pour le soutien qu’il apporte aux initiatives de maintien de la paix et à la résolution pacifique des conflits, ce que les Égyptiens apprécient beaucoup. De plus, de nombreux Égyptiens ont des proches qui vivent au Canada et considèrent le Canada comme un pays ami.
Les attitudes à l’égard des événements du 11 septembre pourraient être un facteur en ce qui a trait à ce genre d’influence.
Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?
À cause de leurs politiques dans la région, les États-Unis ont la plus basse cote de popularité jamais atteinte au Moyen-orient; certains pourraient considérer le Canada comme le valet des États-Unis, ce qui pourraient influer sur les relations sociales et en milieu de travail.
Les Canadiens considèrent souvent la femme comme étant désavantagée dans les pays de culture arabe et musulmane. Bien que cela soit en partie vrai à certains égards (par exemple, la femme a besoin de la signature de son mari pour obtenir un passeport, quitter le pays, etc.), les femmes ne sont pas aussi opprimées qu’on le dit (elles font des études, occupent des postes de responsabilité et elles sont souvent des chefs de famille, lorsque le mari part travailler à l’extérieur). Elles peuvent posséder des propriétés, hériter, gérer une entreprise. La tendance vestimentaire actuelle (porter le hijab ou voile et ne rien laisser voir de son corps) n’est pas un indicateur réel si l’on tient compte des rôles et des possibilités qu’elles ont aujourd’hui et du fait que nombre d’entre elles occupent diverses professions libérales (professeurs, médecins, architectes, etc.).
Les Égyptiens sont souvent considérés comme étant des gens peu motivés. De fait, beaucoup ont plusieurs emplois chaque jour et travaillent longtemps pour une maigre paie.
Votre interprète culturel est né en Égypte. Il est le benjamin d'une famille de quatre enfants. Il a vécu au Caire jusqu'à l'âge de trente ans et a obtenu, en 1981, un baccalauréat en économie de l'Université américaine. En 1985, il s'est installé en Arabie séoudite et travaillé pendant deux ans pour la Saudi French Bank avant d'immigrer au Canada, en 1987. Il s'est joint à la Banque Nationale de Paris à Montréal (Québec, Canada) en 1988 et a entamé des études supérieures à l'Université McGill où, sept ans plus tard, il a obtenu un diplôme en gestion appliquée. Il réside et travaille actuellement à Montréal comme gestionnaire. Il est marié et père de deux enfants.
Votre interprète culturelle est née à Rochester (État de New York, États-Unis). Elle est l'aînée d'une famille de trois enfants. Sa mère est née au Canada et son père est américain. Elle a grandi à Rochester, puis à Auburn (État de New York). Elle a fait des études en sciences politiques (études russes et administration publique américaine) au Collège Allegheny, à Meadville (Pennsylvanie), puis a voyagé en Angleterre et en France. Elle a ensuite poursuivi des études en arabe classique en vue d'obtenir un doctorat en histoire islamique médiévale de l'Égypte au 13e siècle, à l'Institut des études islamiques de l'Université McGill, à Montréal. Durant ses études supérieures, elle a passé un an en Égypte pour effectuer des recherches sur des sources historiques originales sous forme de manuscrits nécessaires à la rédaction de son mémoire. Elle y est retournée plusieurs fois, depuis, dans le but de conduire des recherches et d'enseigner. Actuellement, elle réside à Toronto et a un enfant.
Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.
Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.
J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.