Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?
Une variété de traits distinguent les citoyens de la Bolivie selon leur race, leur classe sociale ou leur situation financière. La division de classe, fondée sur le niveau d’études, la position financière, le groupe ethnique et le lieu de résidence est un facteur fondamental qui influence le niveau de bien-être des gens en ce qui a trait au toucher et aux gestes, ainsi qu’à l’établissement de relations personnelles.
Il est courant d’échanger des poignées de main avec des femmes et des hommes lorsqu’on les salue. Si vous sevez rencontrer quelqu’un haut placé, assurez-vous d’être bien habillé et présentez-vous en donnant votre nom au complet. Lorsque vous serrez la main de quelqu’un, gardez un contact visuel avec la personne et baissez légèrement la tête vers l’avant. On pourrait vous demander d’où vous venez et ce qui vous amène en Bolivie. À moins qu’on vous le demande, ne parlez pas de votre famille, étant donné que c’est un sujet qui est considéré trop privé.
Le sens de l’humour est habituellement bien accueilli (au moment et à l’endroit appropriés). Lorsque vous faites la connaissance d’une personne pour la première fois, serrez-lui la main et n’oubliez pas de vous identifier comme un Canadien à la première occasion (les Américains ne sont pas très bien vus en Bolivie). Si on vous le demande, vous pouvez discuter de votre présence dans le pays. Si voue êtes une femme, n’utilisez pas le contact visuel de manière excessive au cours d’une conversation avec un homme. Vos intentions pourraient être mal interprétées.
Si vous rencontrez quelqu’un que vous connaissez déjà, il est de mise de se serrer la main et de s’embrasser sur une joue (la joue droite en général), que ce soit entre femmes ou entre hommes et femmes. Généralement, les hommes ne s’embrassent pas entre eux. S’ils ne se sont pas vus depuis un certain temps, les gens s’embrassent habituellement.
Le langage corporel et les gestes sont les mêmes qu’au Canada; par exemple, pointer du doigt et montrer le majeur sont considérés comme des gestes grossiers.
D’abord il y aura des présentations en bonne et due forme : vous serez présenté à tous et devrez serrer la main de chacun. Certains hommes vous embrasseront sur la joue (si vous êtes une femme). Quand vous partirez, si c’est dans un contexte social, vous devrez saluer chaque personne présente. Un sujet de conversation facile est la famille, mais de manière très générale (Comment va votre famille? J’espère qu’ils vont bien? Vos enfants vont à quelle école?). À moins qu’on vous fournisse l’information, il pourrait paraître indiscret et inapproprié de poser trop de questions. Vous pouvez aussi donner des informations sur votre famille : enfants, parents, etc., mais de nouveau, pas trop de détails.
À moins de bien connaître les gens, il vaut mieux éviter les questions sur la politique. La plupart des gens sont très attachés à un parti politique en particulier et pourraient être irrités s’ils sentent que vous appuyez un parti autre que le leur. Vous pouvez demander, à titre d’information : Quel est le parti le plus populaire dans la région? Qui constitue l’opposition? Quelles sont les tendances du maire de la ville? Vos questions devraient rester générales. Les politiques de parti sont des questions délicates, donc la prudence est de mise puisqu’un faux pas peut vous étiqueter.
D’autres questions difficiles qu’il vaudrait mieux éviter avec quelqu’un que vous connaissez peu : l’éradication de la coca et la substitution des récoltes; l’accès de la Bolivie à l’océan Pacifique; les concours de beauté (ils sont très nombreux).
La formalité et la politesse sont encore plus importants quand on rencontre des groupes autochtones.
Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?
Comme au Canada, gardez une certaine distance quand vous parlez à quelqu’un. Le contact visuel est utile lorsque vous donnez ou recevez des ordres et des instructions ou au moment de discuter d’un sujet d’importance. N’ayez pas peur de vous servir du contact visuel. Dans des situations sociales, il est recommandé que les femmes soient plus prudentes dans leurs échanges avec les hommes, certains pourraient se méprendre sur leurs intentions.
Le toucher, les gestes et l’utilisation d’expressions du visage sont courantes quand on parle avec des amis, hommes ou femmes. Au cours d’une conversation, parlez normalement. Soyez direct car des manières plus diplomatiques pourraient être interprétées comme de la faiblesse et un manque d’assurance, surtout dans les lieux de travail.
Les Boliviens, comme de nombreux Sud-Américains, aiment se rapprocher. En parlant à quelqu’un, vous pourriez vous trouver très proche de cette personne. Lors d’une conversation, laissez l’autre faire le premier contact physique. Le contact visuel est permis, mais gardez une expression neutre. Beaucoup de négociations et de discussions se font très indirectement, bien qu’avec l’influence de l’USAID, on voit des changements. C’est mal vu d’être trop direct ou de parler trop fort. Les Boliviens sont très polis et utilisent souvent de nombreuses expressions très courtoises dans leur langage.
Souvent, il sera presque impossible de savoir ce qu’un autochtone pense. La conversation sera très conventionnelle et très polie.
Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?
Les démonstrations d’affection en public sont courantes. Dans toutes les sociétés latino- américaines, les gens sont naturellement plus émotifs.
En général, les gens ne manifestent pas publiquement leurs émotions que ce soit la colère ou autres émotions fortes : socialement, ce n’est pas acceptable. La colère, venant d’étrangers surtout, peut donner lieu à des réactions inattendues : les gens ne seront plus polis, n’iront pas chercher le directeur ou la personne recherchée et se figeront tout simplement. La diplomatie et la gentillesse sont les meilleurs outils. On peut voir les femmes entre elles ou les femmes et les hommes marcher bras dessus bras dessous, mais c’est considéré comme un signe d’amitié et non pas nécessairement d’affection.
Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?
Si vous travaillez dans un bureau, les hommes doivent porter un habit et une cravate. Jusqu’à ce que vous connaissiez mieux vos collègues et vos supérieurs, utilisez M., Mme et Mlle avant le nom de famille. Sinon, vous pouvez vous servir de Señor, Señora et Señorita. Utilisez le titre de la personne si vous le connaissez, par exemple Licenciado pour un diplômé universitaire (Bac. et maîtrise); Doctor pour un titulaire de doctorat ; Ingeniero pour un ingénieur; Arquitecto pour un architecte; Doctor pour un médecin ou pour un avocat.
Le concept du temps est moins rigoureux qu’au Canada . La ponctualité n’est pas respectée et les retards sont fréquents.
La productivité est généralement peu élevée et l’efficacité et la compétence ne sont pas prioritaires. Il y a beaucoup d’absentéisme. Les échéances ne sont pas toujours respectées.
L’agitation politique, les grèves et les manifestations sont fréquentes et peuvent avoir un impact sur les heures de travail.
Certains employés, surtout les cadres, aiment rester plus tard au bureau en soirée. Les heures de travail sont généralement de 8h ou 9h à 12h, et de 14h à 18h du lundi au vendredi. La plupart des employés rentrent chez eux pour déjeuner, bien que le gouvernement ait récemment introduit la journée continue de travail (surtout pour les fonctionnaires).
Les femmes doivent être bien habillées à tous les égards : maquillage, bijoux, tailleurs de bonne qualité. Les hommes portent l’habit et la cravate en tout temps. Les gens s’attendent à ce qu’on s’adresse à eux avec la forme polie du « Usted » (semblable au vous). Ce n’est qu’après quelques rencontres que vous pourrez utiliser le prénom d’une personne, et ce, lors de moments informels, alors que vous devrez continuer à utiliser le titre (ingénieur, docteur, infirmière, etc.) de cette personne dans des événements plus formels.
Le concept du temps est très flexible en Bolivie : les réunions commencent habituellement une demi-heure en retard. Les gens peuvent annuler en donnant un préavis de deux minutes et de grands événements sont déplacés avec une grande facilité. Les gens ont tendance à trouver du temps pour des questions personnelles, même au niveau des cadres. Les dates d’échéance sont considérées comme des cibles mobiles. La ponctualité N’EST PAS une priorité pour les Boliviens. La plupart des employés dans les bureaux ou travaillant dans le cadre des affaires des sociétés locales sont très productifs, mais ce sont les changements aux réunions et aux échéances qui leur occasionnent des pertes de temps.
Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?
En général, les Boliviens ont beaucoup d’estime pour les Canadiens. Ceci est un résultat de la forte présence des prêtres catholiques, de l’ordre des Oblats du Canada et de leurs nombreuses actions humanitaires réalisées au cours de la période de 1950 à 1980. Les Boliviens ont aussi du respect pour les personnes qui ont fait leurs études à l’étranger et attendent beaucoup de ces personnes en ce qui a trait aux connaissances professionnelles et techniques, à l’expérience de travail, aux idées et au leadership de ces personnes.
Ils ont aussi l’habitude de travailler avec des directeurs et des superviseurs étrangers qui sont considérés comme étant accessibles et ouverts. La société bolivienne est hiérarchisée, ce qui entraine la discrimination entre les classes économiques. Étant donné que les directeurs et les superviseurs étrangers traitent leurs employés de manière équitable, ils sont très aimés et appréciés par leur personnel.
En démontrant de l’intérêt et du respect pour votre personnel, pour leurs idées et particulièrement pour leurs besoins, vous serez récompensé par un haut degré de coopération, de confiance et d’affection. La jalousie et la concurrence entre les collègues de travail est fréquente à cause des faibles possibilités d’avancement et de rémunération plus élevée. Vous pourriez aussi être victime de jalousie de la part de collègues qui envieront le fait que vous êtes payé à un meilleur salaire qu’eux.
Le fait que les employés ne gagnent pas beaucoup d’argent est un facteur important à considérer quant à leur motivation. Il faut savoir faire la différence entre le manque d’incitatifs et une attitude décontractée. Le niveau de responsabilité et de discipline est assez faible et provient des politiques salariales mises en pratiques en Bolivie. Du point de vue historique, le pays et ses citoyens ont été exploités depuis des siècles.
Il faut surtout faire preuve de diplomatie et être capable de s’entendre avec tous. La plupart des directeurs travaillant pour le gouvernement seront du parti politique au pouvoir et ceux du secteur privé auront de bons contacts avec celui-ci. Néanmoins, la personne qui gagne le plus de respect est celle qui démontre des qualités de chef et qui travaille beaucoup. Les titres individuels sont aussi très importants : ingénieur, docteur, licenciado/a (B.A.), maestro/a, etc. Il faut donc dire : « l’ingénieur Brown se chargera maintenant de... ». Les cartes d’affaires devraient mentionner les diplômes obtenus.
Un expatrié n’aura jamais le réseau de contacts qu’une personne locale pourrait avoir, donc sa capacité en tant que dirigeant sera encore plus importante.
Vous saurez que vos employés vous respectent s’ils font un effort spécial au travail. S’ils ne vous respectent pas pas, ils seront passifs et ne feront que le minimum.
Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?
La prise de décision dépend beaucoup de l’importance du sujet. Les cadres, la direction et le conseil d’administration sont principalement responsables de la prise de décision. Si le travail a des liens avec le gouvernement, les décisions seront prises au niveau présidentiel ou ministériel. La production d’idées, de politiques, de méthodes ou de règlements pour atteindre les objectifs fixés passeront par les mêmes étapes selon l’ordre et l’importance du sujet visé. On s’attendra à ce que vous participiez.
Si la relation établie avec votre superviseur est respectueuse et amicale, la recherche de réponses et de rétroaction sera saine et constructive, autrement cette initiative pourrait être infructueuse pour vous.
Le directeur est celui qui prend les décisions : la prise de décision démocratique n’existe pas en Bolivie, sauf dans les organisations non gouvernementales étrangères. Même dans les endroits les plus progressifs, c’est le directeur qui décide. Il faut essayer les nouvelles idées en sa présence. Vous ne pouvez arriver avec une nouvelle idée qu’il n’aurait pas approuvée et, souvent, il se l’appropriera.
C’est très bien d’aller consulter votre superviseur immédiat, mais pas plus haut : la hiérarchie est importante dans les lieux de travail.
Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.
Égalité des sexes :
La société bolivienne est fondamentalement chauvine, bien que cela ne soit pas immédiatement visible. L’État reconnaît l’égalité des sexes. La discrimination et l’exploitation des femmes est liée au statut social; plus le niveau social est bas, plus la discrimination est élevée. Les femmes peuvent s’habiller, aller et venir à leur gré. Par contre, dans les lieux de travail, les femmes sont moins payées et sont souvent les victimes de harcèlement sexuel.
Religion :
Les Boliviens sont en majorité de religion catholique Ils ont un sentiment profond de foi religieuse et sont très traditionnels (un héritage de la colonisation espagnole). D’autres religions sont aussi bien représentées, les protestants et les évangélistes notamment, surtout dans les régions rurales. La religion est protégée par la constitution de la Bolivie.
Classe sociale :
La division des classes en Bolivie est évidente entre les pauvres et les riches. La Bolivie est l’un des pays les plus pauvres du monde, et ce fait malheureux semble se perpétuer et augmenter la différence entre les classes. Le niveau de revenu détermine la qualité de l’éducation reçue, les conditions de vie, le niveau d’hygiène, de responsabilité et de discipline. À cause de l’extrême pauvreté qui règne, les taux de délinquance et de corruption sont élevés.
Groupe ethnique :
La Bolivie est une société fortement marquée par les traditions, le folklore et le multiculturalisme. Environ 60 pour cent de la population est autochtone et le groupe métissé (de descendance mi-espagnole, mi-autochotone) qui représente environ 30 pour cent de la population constitue l’élite du pays. Les minorités, qui correspondent à 10 pour cent de la population, sont constituées des personnes de race blanche, d’Asiatiques, d’Arabes, etc.
Égalité des sexes :
La Bolivie est encore une culture dominée par les hommes et il est inhabituel de trouver des femmes dans des postes d’importance au gouvernement, dans le monde des affaires ou de l’éducation. Les femmes doivent faire l’effort de se montrer belles pour qu’on les écoute : donc se maquiller, bien s’habiller, porter des bijoux, etc. Généralement, les femmes prennent peu la parole dans les réunions bien que les femmes étrangères puissent le faire.
Religion :
Le catholicisme est encore la religion d’État. On ne parle pas beaucoup de la religion, bien que chacun appartienne à une église, habituellement catholique. Tout le monde est baptisé et a des parrains. L’église semble occuper une grande place dans la vie des populations autochtones. Dans les lieux de travail, on ne parle pas de la religion, malgré le fait qu’il y ait des jours fériés religieux.
Classe sociale :
La Bolivie est l’un des pays les moins équitables au monde : les riches et les très riches tiennent à se distancer des autochtones du pays, tout comme la classe moyenne. Les très riches font souvent partie de la classe politique et quelques-uns ont fait leur argent au moyen de pratiques douteuses.
Origine ethnique :
La classe et l’appartenance ethnique sont des éléments inextricablement liés. De 60 p. cent à 70 p. cent de la population a du sang autochtone, mais ce n’est qu’avec les dernières élections (2002) qu’ils ont une voix au sein du gouvernement. Il y a peu de mélange entre les autochtones et la population « d’origine espagnole », sauf dans les ONG et dans le milieu rural. Les membres des classes politiques, gouvernementales et universitaires sont considérés comme ayant des souches espagnoles. Les employés de soutien, les policiers, les chauffeurs sont souvent des autochtones. Il y a peu de contact dans les lieux de travail entre les autochtones et le reste de la population.
À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?
Établir des relations personnelles est essentiel pour apprécier à juste titre la société bolivienne. Les Boliviens sont des personnes très affectueuses et démonstratives, et dès qu’ils ont confiance en vous, ils feront tout pour vous aider. Puisqu’ils sont très sociables, ils aiment beaucoup fêter, danser et prendre un verre ; il est donc important que vous participiez à des événements sociaux pour développer de meilleures relations. Cette participation s’applique autant aux invitations de vos collègues, de vos connaissances qu’à celles de vos relations d’affaires.
Tout le pays fonctionne à l’aide de relations personnelles : le neveu du président ne perdra jamais son emploi; la femme du président a beaucoup de pouvoir. Le policier au coin de la rue peut vous trouver le moyen de ne pas payer une contravention; votre ami peut vous organiser une réunion avec une personne qui n’avait plus une minute de libre. Donc, établir des relations personnelles et utiliser des contacts pour les assurer sera extrêmement important. Vous commencez par votre propre cercle et en étant amical, vous suggérez une rencontre pour un café et puis vous élargissez votre cercle.
Si la réunion a lieu dans votre lieu de travail, commencez toujours par offrir du café ou du thé. Si c’est midi, suggérez de manger ensemble si le temps le permet. Parlez de votre famille; faites les éloges du pays et de sa beauté.
Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?
Oui, le ou la collègue s’attendra à des privilèges spéciaux ou à des considérations particulières pour des amis ou pour des proches (le dicton qui dit « l’important ce n’est pas ce qu’on connaît mais qui on connaît » s’applique parfaitement en Bolivie).
Oui, absolument. Les membres de la famille sont souvent embauchés et cela se fait sans aucuns commentaires au sujet du népotisme. Les membres d’une même famille peuvent être recrutés à contrat en utilisant l’un des deux noms de famille, donc un étranger ne se rend pas toujours compte du lien de parenté entre les employés. Ces pratiques sont très répandues, même si la personne a peu de qualifications. Les membres d’une famille s’attendent souvent à un traitement de faveur. Je ne suis pas au courant des salaires, mais il est possible qu’il y ait un régime de faveur là aussi. Néanmoins, étant donné que nous parlons de l’influence d’un étranger dans le lieu de travail, celui-ci pourrait parfois introduire des pratiques de recrutement plus « occidentales » que celles qui existent dans les bureaux des entreprises ou du gouvernement locaux.
J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?
Confronter une personne concernant un problème lié au travail devrait se faire en privé pour éviter de la blesser. Autrement, vous risquez d’obtenir le résultat contraire de ce que vous espériez. (Ne pas oublier que les Boliviens ont subi la colonisation des Espagnols pendant un siècle et qu’ils ont une sensibilité très vive.)
Si un collègue est offensé, son comportement et son attitude vous permettront de le voir aisément.
C’est probablement l’une des questions les plus difficiles à traiter. Les Boliviens d’habitude ne règlent aucun problème directement, et si vous leur demandez s’il y a un problème, il est très probable qu’ils le nient. Il vaut donc mieux poser la question en privé car une confrontation de ce genre serait scandaleuse en public. En ce qui a trait à un collègue qui se sentirait lésé, vous le saurez avec le temps parce que la personne ne sera pas aussi amicale, vous ignorera ou parlera dans votre dos. Néanmoins, vous n’en aurez jamais la certitude. Une personne d’origine Aymara m’a dit une fois que je ne pourrais jamais savoir ce qu’un autochtone pensait vraiment et cette opacité fait partie de la culture locale.
Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?
Parmi les principaux moyens de motiver le personnel pour améliorer leur rendement sont la satisfaction au travail, l’engagement, la loyauté et le sentiment de responsabilité. Pour un petit nombre faisant partie de l’élite, l’argent serait le principal incitatif; pour la grande majorité des gens, qui gagnent peu, l’argent n’est pas un facteur.
Souvent, il semble que le facteur de motivation le plus important soit la loyauté envers le parti ou le poste. L’argent et l’appui à certaines questions comme l’éducation ou les soins de santé sont aussi importants. Le fait simplement d’avoir un emploi et de le garder sont une motivation suffisante pour la majorité des gens, étant donné le taux de chômage très élevé.
Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?
Liens Internet : le site www.boliviaweb.com vous donnera toute l’information nécessaire sur de nombreuses questions y compris les livres, les journaux, les divertissements, les musées, etc..
Livres (certains des meilleurs auteurs modernes) : Visiones de Historia del Siglo 20 par Dora y Magdalena Cajías; Amores Imperfectos par Edmundo Paz Soldán; Paraiso de los Pájaros Parlantes par Teresa Mesa; Le rincón de las Cavezas par Denise Arnold et Juan de Dios Yapita; La Mesa Coja par Javier Mendoza.
Films : essayez de voir les films réalisés par Sanjines.
Les Boliviens adorent Mafalda, les bandes dessinées de Quino. Il ne semble pas y avoir d’auteurs boliviens extrêmement connus, mais les écrivains latino-américains populaires sont très connus en Bolivie : Gabriel Garcia Marquez, Pablo Neruda, Isabel Allende, MarioVarga Llosa et Eduardo Galeano.
L’un des meilleurs guides de voyage sur la Bolivie que je connaisse est Le Petit Futé. Le guide de Lonely Planet est également très bon.
Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?
Journaux culturels hebdomadaires : Pulso et El Juguete Rabioso.
Endroits à visiter : Une agence de voyage pourrait vous renseigner sur les moyens de visiter les sites d’intérêt suivants : Tiahuanaco, l’ancienne ville de la civilisation Aymara qui a précédé les Incas et se trouve à 80 km de La Paz ; le lac salé de Uyuni, situé sur le haut plateau de La Paz ; le lac Titicaca, le plus grand lac d’eau douce situé en altitude. Autre site à visiter : les Yungas, région tropicale proche de La Paz qu’on peut joindre en descendant d’une altitude de 5 000 m à 400 m au-dessus du niveau de la mer, en une heure et demie (imaginez l’effet que ça vous ferait). La Bolivie est un pays primitif, exotique et pittoresque qui saura intéresser tout Occidental.
Divertissements : ( À La Paz) Assistez aux matchs de football (soccer) le dimanche après-midi, surtout si les équipes sont de calibre international ou si des match classiques se jouent. Les équipes surnommées « Strongest » et « Bolivar » sont considérées des équipes classiques. Vous pourrez aussi jouer au golf au « La Paz Golf Club » et vous verrez qu’à cause du manque d’oxygène en raison de l’altitude, les balles de golf volent à des distances considérables.
Restaurants : (À La Paz) : « Chez Lacost », un restaurant renommé pour sa cuisine française. Les restaurants des hôtels suivants sont aussi réputés pour leur cuisine internationale et locale : l’Hôtel Presidente, l’Hôtel Europa et le Plaza Hôtel. Pour des plats typiquement boliviens, je recommande le restaurant « Le Gringo Limón » (attention, les plats peuvent être très épicés.).
La Bolivie est tellement variée qu’il faudrait visiter toutes les neufs régions pour avoir l’impression de connaître le pays. Il y a les missions de Beni et de Santa Cruz; les anciennes plantations de caoutchouc dans Beni, la faune et la flore de cette région ainsi que de Santa Cruz et de Pando; les mines du Potosi et les vignobles de Tarija.
Je ne peux parler d’émissions à la télévision, puisque je n’ai vu que quelques entrevues sur une chaîne locale. Les gens semblent regarder beaucoup CNN et la télévision américaine. Les programmes de variétés locaux sont populaires et les gens en parlent souvent au travail. Il y a environ quatre chaînes locales, chacune d’elles associée à un point de vue politique particulier.
Les Boliviens mangent beaucoup de soupes et de bouillons clairs avec de grands morceaux de viande ou de poulet. Dans le sud, les parilladas ou viandes grillées sont très populaires. Il y a une très bonne sauce épicée à l’ail appelée aji, dont on se sert pour tous les plats.
Des concerts de musique bolivienne et de musique polulaire sont donnés dans la plupart des villes du pays. Parmi les groupes musicaux populaires, il y a Los Kjarkas; Ernesto Cavour, un joueur de charango très connu qui a son propre groupe également. La Peña est un endroit où se joue une grande variété de musique locale. Les peñas sont généralement ouvertes en soirée du mercredi au samedi. À La Paz, il est facile d’être au courant des événements culturels car ils sont publiés régulièrement. On les trouve aussi dans le journal La Razon qui est le journal le plus lu localement. La Bolivie a une grande variété de journaux pour une petite population.
Les Boliviens sont des passionnés du football et des matchs se déroulent dans tous les grands centres.
La musique classique n’est pas particulièrement populaire. Les arts plastiques ont leurs adeptes et les musées d’art valent la peine d’être visités. Un des peintres les plus connus est Solon.
Qui sont les héros nationaux de ce pays?
Tupak Katari, un chef Indien et défenseur de la liberté de son peuple, qui a été écartelé par quatre chevaux sur la Place principale.
Pedro Domingo Murillo, un chef local qui a mené la résistance contre les Espagnols et qui a été pendu à la place maintenant appelée Plaza Murillo. Ses dernières paroles ont été : « le flambeau que j’ai allumé ne s’éteindra jamais ».
Les héros nationaux de la Bolivie sont Simon Bolivar et Antonio José de Sucre; deux Vénézuéliens de naissance, militaires, qui ont dirigé les armées de Bolivar (regroupant celles du Vénézuéla, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou et de la Bolivie) pour vaincre les armées de la couronne espagnole, et plus tard, fonder la Bolivie, le 6 août 1825. La Bolivie a pris le nom de Simon Bolivar et la fête nationale se célèbre le 6 août.
Juana Azurduy de Padilla, une femme militaire bolivienne qui a joué un rôle important dans la libération du pays.
Eduardo Abaroa, un mineur qui a lutté contre l’armée du Chili en 1789, pour défendre l’accès de la Bolivie à l’océan Pacifique. Malheureusement, la Bolivie a perdu cette guerre et le pays est enclavé depuis.
Victor Paz Estenssoro et German Bush, deux anciens présidents de la Bolivie du début du XXe siècle. Le premier a nationalisé les mines du pays et a distribué les terres aux paysans en les confisquant aux grands propriétaires terriens. Il a aussi donné le droit de vote aux autochtones. Le deuxième était le premier président à aborder la question de la distribution des terres et celle d’un traitement plus équitable pour les pauvres et les autochtones du pays.
Bolivar, le Libérateur, qui a lutté pour l’indépendance de l’Espagne. Victor Paz Zamora, le leader de la révolution de 1952, qui a réalisé la réforme agraire et reconnu les droits des populations autochtones. L’Argentin Che Guevera, qui est mort en Bolivie, est encore vénéré par les étudiants. Les Boliviens sont de plus en plus fiers de l’histoire des Incas.
Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?
Les Canadiens sont les bienvenus dans la société bolivienne et les relations sociales sont excellentes, même si les liens sociaux, culturels et commerciaux ne sont pas très développés. Il y a des investissements d’entrepreneurs canadiens dans le secteur des mines et des organisations non gouvernementales impliquées dans les programmes d’aide en Bolivie.
Lors d’une grève des travailleurs d’une société minière canadienne opérant en Bolivie, la garde nationale a été appelée et il y a eu un massacre horrible des mineurs. On n’en parle pas beaucoup et les Canadiens ne sont pas toujours blâmés. Le Canada semble avoir bonne réputation dans le milieu des ONG et dans le milieu du développement.
Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?
Les Boliviens ont du mal à faire la différence entre les Canadiens et les Américains. Il est donc recommandé de s’identifier à toutes les occasions qui se présentent. Pour les Boliviens, les Canadiens ressemblent, agissent et parlent comme les Américains. Vous remarquerez que, dans la plupart des cas, on ne parle pas des citoyens des États-Unis comme étant des Américains puisque, géographiquement, le continent est celui des Amériques.
Le terme « gringo » est souvent utilisé pour identifier des personnes d’origine anglo-saxonne, mais il ne faut pas s’en offenser.
Les Canadiens/gringos ont tendance à voir les Latinos comme des gens avec peu d’éducation, ne reconnaissant pas à sa juste valeur le niveau atteint par la classe moyenne éduquée. Il y aurait donc une tendance à sous-estimer la formation des gens et la capacité qui existe, y compris leur capacité de souligner le comportement ridicule des gringos!
Votre interprète culturel est né à La Paz, dans l'ouest de la Bolivie. Il est le troisième d'une famille de huit enfants. Il a étudié à La Paz jusqu'à l'âge de 21 ans. Ensuite, il s'est établi en Allemagne pour y continuer ses études. Il a obtenu son diplôme en mécanique automobile du Collège technique de l'État, à Stuttgart (Allemagne). Par la suite, il a immigré au Canada pour y vivre et travailler dans l'industrie de l'automobile. Après avoir pris sa retraite, il a démarré une entreprise en Bolivie et voyage régulièrement entre le Canada et la Bolivie. Sa résidence principale se trouve à Ottawa.
Votre interprète culturelle est née à Riga, en Lettonie et est l'aînée de quatre enfants. Après son arrivée au Canada, en 1948, sa famille s'est installée à Prince Albert, en Saskatchewan.. Elle a fait des études en anglais, en éducation et en administration de la santé à l'Université de la Saskatchewan et à l'Université d'Ottawa. Par la suite, elle a voyagé en Bolivie où elle a dirigé des projets pendant quatre ans et y a habité pendant 13 mois. Elle vit maintenant à Ottawa et travaille dans le domaine de la santé. Elle a deux enfants et deux petits-enfants.
Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.
Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.
J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.